vendredi 26 décembre 2008

Source infinie




Samedi bleu

à la femme des samedis

& des bleus



Il y a des collections de toutes sortes.
Les miennes ? Rien que des samedis
Rien que du bleu. Mieux encore
Des samedis bleus
Des jours de terre bleue
Et de lumière.
Le bleu n’est pas que bleu
C’est du vent, de la magie, de la douleur.
Du pain, du miel,
Du vert du rouge.
Et puis ce fleuve ensanglanté
Aux couleurs tombant du ciel.
*

mercredi 17 décembre 2008

Pépin, preuves à la pluie


Les plus belles fleurs se fânent aussi.

*

Les oiseaux naquirent un jour où le vent avait l'humeur vagabonde.

*

Les mimiques, ces musiques qu'on entend par les yeux.

*

Les nuits très étoilées semblent pleines de tics.

*

L'avenir rétrécit à vue d'oeil.

*

L'évidence m'aime.

*

Il faut aussi prendre son bien en patience.

*

Écrire pour ne rien dire.

*

Oiseau : bourreau d'insectes.

*

L'humour noir habille tout en deuil.

*

Le néant n'est que l'infini exagéré.


*
………

dimanche 14 décembre 2008

Un parti-pris si bleu





Un jour il dit : le bleu,
tout ce bleu
est un appel,
et c'est pourquoi
j'accours. Ainsi va-t-il,
depuis ce jour,
son coeur à nu.

*


Trois haïkus


"Voiliers, quel joli mot"

(Pamela Bram)





Voiliers : moitié
oiseaux, moitié poissons,
plus la mer.
*
Le rire seul,
seul le rire est éternel,
sauf la mort.
*
Et le vent, de quelle
couleur est le vent, est-ce
la couleur du temps ?
*

jeudi 11 décembre 2008

Le nouveau bleu du ciel (novembre, Kehl, Allemagne)

à P.

La nuit d’aujourd’hui
N’est ni triste ni gaie,
Il ne fait ni froid ni chaud.
C’est une nuit sans cœur
Et sans reproche.
Sans lune.
Donc, absurde
Sans toi.
Donc, sans personne.
-
(quelque part, à l'aube)

Poètes bleus café : Cida Ivonery, Brésil




Ici je prolonge ce que communément
On appelle silence.

Le poids de l’au douce
Fond quand nous partons loin.

C’est pourquoi je suis ici
En ce lieu où je compte les étoiles.

Je sens encore la main blanche de la lune
Quand je tente de voir ton visage.
Et c’est pourquoi je te parcours
Comme en buvant un grand verre d’eau

Et c’est pourquoi je te mastique lentement
Et les poisons ne me font rien

C’est ainsi qu’une autre face m’apparaît
Différente de celle où je n’ai plus besoin de toi.




*




O peso da água doce funde-se ao partirmos para longe.


Procuro ser breve, pois o tempo corre ao contrário
e já existem muitos pavores gastos.
Assim, estou sentada neste lugar onde vou contando as estrelas.

Ainda sinto a mão branca da lua quando tento imaginar-te,
por isso percorro-te como quem bebe um copo de água:

mastigo-te demoradamente, sofrendo todos os venenos.
Descubro o outro lado de que não necessito de ti.




*




Alargo aquí eso
Que comúnmente llaman silencio.
El peso del agua dulce se funde
Cuando nos vamos lejos.

Por eso estoy sentada aquí en este lugar
Donde voy contando estrellas.

Siento aún la mano blanca de la luna
Al intentar imaginarte.

Por eso te recorro
Como quien bebe un vaso de agua

Por eso te mastico lentamente
Aguantando los venenos todos.


Así voy descubriendo la otra cara
De no necesitarte.



*


Versions française et espagnole de l'auteur de ce blog